Description du projet

Ils en ont plus qu’assez, les bons vivants, d’être montrés du doigt par les grands prêtres de la pensée unique ! Assez d’être désignés comme les cancres d’une société pusillanime qui élève la prohibition généralisée au rang de morale absolue !

Assez d’être condamnés à rester au coin, avec un bonnet d’âne, mauvais sujets, mauvais citoyens ! Assez de devoir supporter les névroses de gouvernants qui condamnent, ex cathedra, ceux qui s’adonnent, dans une semi-clandestinité, à des plaisirs désormais coupables : fumer pour partager un moment de convivialité gratuite ; boire pour oublier la morosité ambiante et faire danser les papilles ; parler sans avoir à tourner sept fois sa langue dans sa bouche, de peur de dire une phrase qui entraînerait le versement de dommages et intérêts à quelques frileux, racornis, à l’affût du moindre faux pas.

Le doux paradis des amateurs, par bonheur, n’est pas celui des pourfendeurs, des rigoristes, des sectaires, des censeurs ! Puisse notre art de vivre en convaincre plus d’un et dissuader et dissoudre à terme cette minorité qui nous opprime au lieu de nous laisser en paix !

Une fois pour toutes, le bon vivant est le dernier avatar du dissident dans une société qui fait semblant d’ignorer qu’elle dérive vers le totalitarisme moral.

Claude-Henry du Bord