JEANNE MAGAZINE

GRAND ENTRETIEN par Stéphanie Delon

Comme dans votre trilogie Le temps des femmes, ce nouveau roman est inspiré de faits réels où se mêle histoire et fiction. Pouvez-vous revenir sur la genèse de Je ne vis que pour toi et sur ce qui vous a inspiré ce nouveau roman ?

Emmanuelle de Boysson: Je m’intéresse depuis longtemps à la psychologie des femmes, à leurs fêlures, leur désir d’émancipation. A travers ma vingtaine de romans et d’essais publiés, je cherche à sonder leurs différentes facettes, que ce soit dans Les Grandes bourgeoises, Les Nouvelles provinciales, dans cette trilogie historique, le Temps des femmes, sur trois artistes du XVIIe siècle, puis dans Les années Solex, l’histoire d’une adolescente rebelle pendant les seventies et Que tout soit à la joie où une jeune femme enquête sur un secret de famille. Après ce dernier roman, j’avais envie d’écrire un essai sur le rôle des femmes dans les salons à l’époque de Marcel Proust. Lorsque mon éditrice m’a proposé de me lancer plutôt dans un roman, je me suis mise à chercher celles qui me semblaient les plus modernes, les plus libres.

 

Pourquoi avoir choisi Natalie Clifford Barney comme personnage principal ? Qu’est-ce qui vous a le plus fascinée, surprise, émue dans son parcours ?

Au début, j’ai été attirée par Natalie Barney, cette riche Américaine, parce qu’elle est entourée d’une constellation de femmes fascinantes. Et j’ai découvert que les années 1900 connaissent une floraison d’œuvres écrites par ces femmes, que beaucoup ont été les maîtresses de Natalie. Parmi elles, Colette, la courtisane Liane de Pougy, la poétesse Renée Vivien, la peintre Romaine Brooks… Lorsque j’ai appris que Natalie avait aussi été l’amante d’Elisabeth de Gramont, cette amie de Marcel Proust, j’y ai vu un lien avec cet écrivain que j’aime tant. Natalie Barney me fascine par sa personnalité, sa vie, ses amours, son salon. Un personnage de roman ! Cette grande séductrice au charme magnétique ne manque pas de contradictions. Possessive et jalouse, elle est pour l’amour libre, n’aime que les commencements, les « instants de feu » et se refuse à tout attachement : « Comment prétendre posséder un être, alors qu’on se possède déjà si peu ? ». Elle mène plusieurs liaisons à la fois, quitte à faire souffrir ses proies. Pourtant, elle a le sens de l’amitié, « ce qu’il y a de meilleur au monde ». C’est une femme d’esprit, comme en témoignent ses aphorismes, et elle peut avoir la dent dure ! Pionnière, lorsqu’elle découvre qu’elle est homosexuelle à douze ans, elle décide de : « Vivre au grand jour, sans cacher quoique ce soit ». Mais ce qui me touche chez elle, ce sont ses failles, sa peur de la solitude, son besoin de reconnaissance et d’amour, sa fragilité aussi : elle ne supporte pas qu’une de ses amantes lui échappe, elle fait des scènes à Elisabeth de Gramont lorsque celle-ci ne peut lui rendre visite ou la trompe. J’ai été sidérée de découvrir qu’elles avaient signé un simili contrat de mariage qui incite à l’infidélité ! Elles avaient tout compris ! Si j’admire tant Natalie, c’est aussi parce qu’elle a beaucoup œuvré pour mettre en lumière les femmes qui écrivent. Elle leur ouvre son salon, 20 rue Jacob, où elle reçoit le vendredi tous les artistes de son temps pendant soixante ans. Natalie les conseille et les aide à publier leurs livres, les invitant parfois dans sa chambre !

Il faut dire que sa mère, Alice Pike, lui a transmis ce goût de la liberté. Alice a épousé un magnat américain des chemins de fer avec qui elle ne s’entend pas. Encouragée par Oscar Wilde à suivre des études d’art, en 1886, elle part en France avec ses filles et les inscrit au pensionnat, Les Ruches, d’Avon. Natalie parle donc parfaitement le français. Elle a 23 ans lorsqu’elle rencontre la courtisane Liane de Pougy. J’ai été bouleversée par cette histoire d’amour que je raconte, comme si j’y étais ! Natalie se déguise en page pour s’introduire chez la cocotte. Peu encline à la fidélité, celle que Rémi de Gourmont appelle l’Amazone ne tarde pas à s’éprendre des modèles qui posent pour sa mère. Furieux d’apprendre que sa fille est lesbienne, le père de Natalie exige qu’elle épouse l’ancien amant d’Oscar Wilde. Natalie se rebelle, mais son père meurt et elle hérite d’une fortune qui lui permet d’organiser des fêtes saphiques à Neuilly puis d’ouvrir son salon. Si l’argent lui facilite la vie, elle ne mène pas grand train, elle privilégie l’art et l’amour.

 

Comment avez-vous pensé le personnage de Valentine, tissé sa relation amoureuse avec Natalie Clifford Barney et imaginé son évolution ?

Je me suis inspirée des débuts de Colette et de mon histoire. A 17 ans, j’ai quitté l’Alsace pour monter à Paris. Comme Valentine, je rêvais d’être écrivain et d’être introduite dans le milieu littéraire. La relation amoureuse de Valentine avec Natalie Barney est une initiation, l’histoire d’une conversion pour la petite Bretonne. Natalie est ouvertement lesbienne, Valentine, pas du tout. Elle vient de se marier avec Antoine Beauregard et ne tarde pas à s’ennuyer avec cet homme peu affectueux. Lors d’une soirée, elle rencontre Natalie qui l’impressionne. Elle lui parle de ses poèmes, mais l’Amazone lui fait une cour assidue. Je me suis mise dans la peau de Valentine : elle est à la fois troublée et elle résiste. Elle tient à son statut, à sa réputation. Comme elle, j’ai été une jeune mère de famille et j’ai mis du temps à me donner des permissions. Lorsqu’elle se rend dans les bordels de la capitale et qu’elle découvre son mari aux Belles poules, c’est un choc. Valentine finit par s’abandonner à sa Natty et découvre le plaisir. Leur relation n’est pas seulement sexuelle : elle est tissée du même goût pour la littérature, de tendresse, de douceur. Guidée par mon personnage, j’ai pioché dans ma palette d’émotions pour nourrir les scènes. Plus Natty s’éloigne, plus Valentine « cristallise » et tombe dans la passion avec son lot de jalousie, de désir de vengeance ! A cette aventure clandestine où Valentine va se perdre et quitter son mari, j’ai ajouté une intrigue. En effet, Elisabeth est sa confidente mais elle aussi la maîtresse de Natty, d’où une série de rebondissements et une révélation à la fin. J’avais envie de tenir mon lecteur en haleine jusqu’au bout !

 

Dans votre roman on croise des figures emblématiques de la littérature, notamment côté femme Colette, Renée Vivien ou encore Gertrude Stein… en faisant revivre celles qui, 2500 ans après Sappho, ont marqué la littérature lesbienne, vous contribuez également à leur reconnaissance. En quoi cette visibilité était-elle importante pour vous ?

Comme Natalie Barney, la plupart de ces femmes sont souvent en effet tombées dans l’oubli, sauf pour une poignée de passionnés. J’ai voulu les réhabiliter parce qu’elles le méritent, pour réparer une injustice, parce que la littérature lesbienne n’est pas assez reconnue alors qu’elle est de grande qualité littéraire. La seule qui domine encore est Colette. Très présente dans mon roman, elle est bisexuelle, excentrique, provocatrice, amicale, bonne vivante, merveilleuse. Sa vie est un roman. Elle danse nue, embrasse son amante, Missy, sur scène. Toute sa vie, elle s’est moquée de la misogynie ambiante et n’a suivi que ses désirs ! Renée Vivien, cette poétesse neurasthénique, maîtresse de Natalie, reste culte. C’est elle qui traduit et met au goût du jour l’œuvre de la poétesse Sappho. Elle a fait construire une maison à Mytilène, sur l’île de Lesbos, et a contribué à la réputation d’une Sappho avant tout lesbienne. Figure féministe incontournable, Gertrude Stein mériterait d’être mise en valeur aujourd’hui car elle joua un rôle majeur pour la promotion de la littérature et de l’art moderne. Parmi celles que j’ai voulu faire revivre, il y a Lucie Delarue-Mardrus : ses écrits sont des merveilles. Elle fut, elle aussi, une des amantes de Natalie.

 

Portrait d’une séductrice de Jean Chalon sorti en 1976, Berthe ou un demi-siècle auprès de l’Amazone, qui évoquent les souvenirs de la gouvernante de Natalie Clifford Barney recueillis et préfacés par Michèle Causse en 1980 ou encore la Correspondance amoureuse entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy publiée en 2019 chez Gallimard, après avoir été retrouvée dans les archives de la BNF… en quoi diriez-vous que Natalie Clifford Barney a marqué son époque ?

Dans Chère Natalie Barney, Jean Chalon évoque parfaitement l’Amazone et je lui ai rendu visite plusieurs fois. Il a bien connu Natalie puisqu’elle est morte en 1972. Ils prenaient le thé ensemble tous les mercredis et leur conversation était des plus amusantes. Jean Chalon m’a même offert le peignoir chinois de Natalie qui en dit long sur son élégance. Elle a marqué son temps par son salon, moins guindé que les autres, plus excentrique, plus éclectique, plus international. On pouvait y croiser Isadora Duncan, Rodin, Cocteau, Max Jacob, Peggy Guggenheim, Sylvia Beach et Adrienne Monnier, libraire et éditrices de James Joyce, puis Truman Capote, Scott et Zelda Fitzgerald, Françoise Sagan ou Marguerite Yourcenar. En ce sens, Natalie Barney a été un catalyseur pour la littérature et l’art. Le grand écrivain, Remi de Gourmont, l’a fait connaître de son vivant en publiant par ses lettres à l’Amazone au Mercure de France. Elle était respectée par sa présence lumineuse, sa générosité, sa manière de recevoir. Dans le milieu d’artistes privilégiés qu’elle fréquentait où les lesbiennes étaient bien aimées par les hommes, elle a su imposer un ton, un style, son originalité, son goût de la fête, mais surtout, sa façon de vivre ouvertement son homosexualité, d’afficher ses maîtresses. Elle était pour tous l’Amazone, une des premières à donner ses lettres de noblesse aux lesbiennes.

 

Pouvez-vous nous parler du travail de recherches que vous avez effectué pour l’écriture de ce roman ?

Pour mes recherches je me suis servie des écrits de Natalie comme Souvenirs indiscrets et de sa correspondance, si belle, avec Liane de Pougy (elles sont restées amies très longtemps). Je me suis inspirée des livres de Francesco Rappazzini, et d’ouvrages sur les femmes de l’époque dont Femmes de la rive gauche, de Shari Benstock (des femmes). J’ai aussi repris des biographies de Marcel Proust. Ce travail s’est fait à la fois en amont et lors de l’écriture du roman. Je n’ai pas voulu le charger de documentation, au contraire, grâce à ma formidable éditrice, Lisa Liautaud, j’ai allégé le texte et intégré les détails historiques dans le récit. Je n’ai pas la prétention d’être historienne, je suis romancière et j’ai aimé rendre cette Belle Epoque vivante, avec le début du téléphone, du métro, la grippe espagnole, si semblable à ce que nous vivons, les Halles, les promenades au Bois de Boulogne, la décoration, les tenues…

 

Avant les écrivaines lesbiennes de la Belle époque, seuls les hommes ont abordé les amours saphiques, on pense notamment à Baudelaire, Verlaine, Louÿs ou à Willy qui a signé Les Claudine. Quelles sont selon vous les circonstances qui ont permis aux femmes de commencer à écrire sur leur amour des femmes ?

Après l’Exposition universelle, s’ouvre une ère moderne, un nouveau monde où les femmes s’émancipent. La guerre de 14 y contribue puisque ce sont elles qui restent « aux commandes », qui prennent le pouvoir. Par ailleurs, l’arrivée en France d’écrivains américains a dépoussiéré la littérature. Colette a été l’une des premières à raconter ses amours avec des femmes dans les Claudine, même s’ils sont parus sous le nom de Willy. Elle ne se cachait pas d’en être l’auteur. Dans la mouvance de Pierre Louÿs, proche de cette petite bande de femmes, ces facteurs ont favorisé l’éclosion de livres saphiques. Son indépendance, son statut de courtisane ont permis à Liane de Pougy d’écrire Idylle Saphique qui raconte ses amours avec Natalie. A l’époque, ce fut un scandale, un succès aussi.

 

Au-delà de ses écrits personnels, Natalie Clifford Barney a inspiré bien des ouvrages et des personnages (Idylle saphique de Liane de Pougy, Une femme m’apparut de Renée Vivien, Le puit de solitude de Radclyffe Hall, L’Almanach des Dames de Djuna Barnes). Qu’est-ce qui selon vous rendait Natalie Clifford Barney inspirante pour ces autrices ?

Elles l’aimaient, elles étaient fascinées par son charme, sa beauté, son humour, son assurance, son audace, même si elle était à la fois exigeante et volage. Chacune a vécu une histoire d’amour différente avec Natalie. Entre elle et la poétesse Renée Vivien, ce fut une liaison orageuse. Renée ne supportait pas l’infidélité de celle qu’elle adorait et qui lui a inspiré Une femme m’apparut. Sous la coupe de la baronne Hélène de Zuylen, elle lui a fermé sa porte. Natalie en a souffert, elle a tout tenté pour la retrouver, lui envoyant lettres et fleurs, jusqu’à la mort de Renée, à 32 ans. Liane de Pougy a écrit Idylle saphique car ellevoulait révéler leur passion qui a duré un an, en garder le souvenir aussi. Elle était folle de sa Moonbean. Elle l’appelait aussi « ma douce chérie », « ma jolie rêverie blonde », « ma tendre fleur de lin ». Face à ses riches clients, Moonbean lui apportait une consolation, une sensualité qui lui manquaient. De son côté, Natalie a essayé de la sauver de la prostitution, en vain. Elle lui écrit « Je te veux toute à moi, afin de te briser, afin de faire la chose. Tu porteras mon anneau, mon empreinte, mon nom, tu seras mon esclave, je serai ton mari, ton maître. » Sublime.

 

Pendant plus de 60 ans, son fameux salon rue Jacob a promu la littérature des femmes, a contribué à la libération de la parole féminine et a donné une visibilité aux lesbiennes. Si vous pouviez faire un bond dans le passé, quelles seraient les personnalités que vous aimeriez y rencontrer ?

J’ai souvent imaginé le jardin du salon de Natty, avec son temple de l’Amitié, ses invités. Bien-sûr, j’aurais adoré m’y rendre, rencontrer Natalie, Liane, Colette, Elisabeth ou Romaine Brooks. Grâce à ce roman, j’ai eu l’impression de vivre avec elles, de les entendre, de les voir ensemble dans la verdure. Valentine, c’est un peu moi. Avec elle, je suis entrée dans la librairie d’Adrienne Monnier et de Sylvia Beach, j’ai croisé James Joyce, mais aussi Scott et Zelda Fitzgerald. Et puis, surtout, j’ai dîné au Ritz avec Proust, j’ai pu me glisser dans le salon de Mme Greffulhe e d’Anna de Noailles. Ecrire, c’est remonter le temps, le temps retrouvé !

 

Les salons littéraires, qui ont connu leur apogée au début du 20è siècle, constituaient un réseau inestimable pour la visibilité des écrivaines et de la littérature. Quels seraient leurs équivalents aujourd’hui ?

Malheureusement, il ne reste plus de salons tenus par des femmes comme autrefois : question de budget, de personnel, de mode de vie. Lorsque j’ai publié mes premiers livres, je recevais chez moi des écrivains. Plus tard, avec une poignée d’amies, nous avons créé le Prix de la Closerie des lilas. La soirée de remise du Prix est une sorte de salon où se mêlent des personnalités des arts et des lettres. Comme la plupart des cocktails de prix littéraires, mais aussi des salons du livre. Pour ma part, à travers les jurys auxquels je fais partie, mes critiques de livres, j’essaie de faire connaître des jeunes auteurs, je n’hésite pas à leur donner un coup de pouce. Je crois en cette tradition de solidarité entre écrivains.

 

«Vivre et laisser vivre» comme vous l’écrivez dans votre roman, Natalie Clifford Barney avait repris la devise de sa mère. Décédée en 1972, quel est pour vous le plus grand héritage qu’elle nous ait laissé ?

Sa formidable liberté ! Elle vivait au grand jour sa sexualité. Elle a donné aux lesbiennes une vraie reconnaissance, un statut officiel, elle a ouvert la voie. Révélatrice de talents, elle a aussi permis de valoriser leur littérature. Sous l’égide Sappho, elle a créé une académie de femmes, s’entourant de ces belles artistes qui ne cachaient pas qu’entre femmes, l’amour est naturel, puisqu’on retrouve un corps semblable au sien, qu’on se comprend, qu’on se fait du bien, dans une société où les hommes sont souvent dominateurs et violents. Comme Elisabeth de Gramont, elle défendait les droits des femmes et, à sa manière, combattait pour leur égalité. Opposée au mariage et à la maternité, elle disait : « La vie la plus belle est celle qu’on passe à se créer soi-même, non à procréer. » Elle avait une magnifique conception du saphisme. Sa vie et son œuvre, en particulier sa correspondance avec Liane de Pougy, sont une célébration de l’amour au féminin.

 

 

Dans votre roman, vous parlez du magazine La Vie heureuse et du prix littéraire qui porte son nom, « une contre-proposition au prix Goncourt, jugé misogyne », composé d’un jury féminin auquel a notamment participé Colette. De votre côté, vous avez fondé en 2007 le Prix de la Closerie des Lilas, un prix exclusivement féminin qui a pour vocation de promouvoir la littérature féminine de qualité. Pouvez-vous revenir sur cette initiative et nous expliquer en quoi cette non-mixité est importante ?

A une époque où les femmes n’avaient pas accès aux prix littéraires ni à l’Académie française, le Prix La Vie Heureuse, était une excellente initiative. Il est devenu le Prix Femina dont le jury est féminin, mais il est aussi remis aussi aux hommes. Il fallait aller plus loin. En 2007, à l’origine du Prix de la Closerie des lilas, avec mes amies, nous voulions équilibrer les choses. En effet, nous trouvions plutôt machiste le petit milieu littéraire qui tient les grands prix et nous avons décidé de créer un prix décerné par des femmes à une femme – pour un roman de qualité ! La force de ce prix au jury éclectique et tournant, est l’amitié qui nous lie et nous rend solidaires. Les personnalités du monde des arts et des lettres qui en font partie s’y sentent bien accueillies. L’idée a fait du chemin. Aujourd’hui, le milieu s’ouvre aux femmes : il y a de plus en plus d’éditrices et les autrices sont mieux reconnues.

 

 

Vous venez de débuter des réunions virtuelles en vue de la remise du prix 2021, en quoi pensez-vous que le confinement et cette virtualité de l’événement va impacter cette prochaine édition ?

 

La fermeture des librairies est une aberration ! Il aurait fallu fermer les grandes surfaces, source de contamination, et laisser les petits commerces ouverts. Les libraires respectent les mesures barrières et je trouve indigne de refuser l’accès aux livres en cette période où on a tant besoin de ce réconfort. De plus, c’est toute la chaîne de l’édition qui est impactée. Forcément, mon roman en souffre et je fais mon possible pour qu’il mène sa petite vie, que le bouche à oreille fonctionne, que les médias et les réseaux en fassent écho. D’après mes lecteurs dont les messages me touchent beaucoup, il devrait durer longtemps et rebondir au printemps. J’ai confiance, j’espère que Je ne vis que pour toi plaira aux lectrices de Jeanne Magazine, qu’elles me feront signe sur les réseaux, même un petit post fait plaisir et remet du baume au cœur !